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paroles et critiques

Engagé malgré lui, provocateur, immensément populaire, Michel Sardou, 65 ans, se raconte à Mireille Dumas, en donnant de la voix, ce qu’il sait très bien faire. Un document de première main. Il se fiche de la polémique comme de sa première chanson. Il reste fidèle à lui-même, mais il s’est assagi et avoue quelques erreurs. Michel Sardou s’est confié à Mireille Dumas dans un document exceptionnel. « Une confession, non une nécro vivante », sourit le chanteur, cheveux blancs et poches sous les yeux. Sardou et ses thèmes favoris : les femmes, l’amour, la société… il a toujours visé juste et fort, suscitant la controverse sans vraiment le vouloir mais sans jamais reculer. Il explose à l’été 1973 avec “La maladie d’amour” annoncé à la télé par Léon Zitrone. Filmé en face à face, il commente ses 50 ans de carrière mais aussi sa vie privée, ses deux mariages avant de trouver sa compagne idéale en la personne d’Anne-Marie Perier épousée en 1999 à la mairie de Neuilly devant un certain Nicolas Sarkozy. Auparavant, il a vécu. Ses amis témoignent en sa faveur, Garou qu’il inspire, Mireille Darc/Alain Delon auquel “Les Ricains”, une chanson provoc, était initialement destiné. Avec Jacques Revaux, son complice et compositeur, avec ses paroliers (Jean-Loup Dabadie, Pierre Delanoé, Vline Buggy), lui au piano, il socialise nos angoisses et libère le désir. « C’est notre grand chanteur sexuel. Il a provoqué les femmes avec chair et sensualité », estime un journaliste musical, J.P. Pasqualini. Nous sommes dans les années 70, sexualité rime avec liberté, Sardou la chante. “Et mourir de plaisir”, “Je vais t’aimer” sont dans cette veine. Guidé par son instinct, jouant d’une voix devenue arme de séduction massive, Sardou assume : macho, de droite, pro-américain, chauvin, mais aussi au diapason de ses fans qu’il empoigne par ses refrains. Et pourtant, les débuts furent laborieux. Honnête, il ne cache rien à son interlocutrice. Il se lance en 1966 avec un premier 45 tours, “Le Madras” écrit par ses copains, Fabrice Laffont et Michel Fugain qui, ensuite, prendront leur envol. Il se ramasse chez Barclay qui met fin à son contrat (quelle immense bourde !) et échoue devant le Top Jury où Jean Yanne le fusille. Il chante l’amour mais aussi la France, “J’habite en France” et puis “Le France” qui lui vaudra de se réconcilier avec la Gauche et les syndicats. Invité par Georges Marchais à un congrès du PCF et de la CGT, il débarque en Rolls que les camarades du parti garderont sans sourciller. il relativise la “sardouphobie” Arc-bouté sur sa nature, Michel Sardou décidément ne regrette rien de ses excès. Il ne recommencerait pas, point barre. Et pourtant, il fut cloué au pilori par les féministes pour “Les villes de solitude” ou “Femmes des années 80” (avant la version 2010). Il fut crucifié pour “Les Ricains”… “S’ils n’étaient pas là, nous serions tous en Germanie…” On l’insulte, on tire sur sa voiture à Besançon. On chahute ses concerts qu’on veut même empêcher de se tenir. Images de Forest National où un cordon de policiers bruxellois repousse les assauts de manifestants brandissant des “Heil Sardou”. Faut-il brûler Sardou ?, demande en une un hebdo français. Il est alors secouru par des “consciences” de gauche au nom de la liberté d’expression, Bedos, Montand, Reggiani. Sardou relativise. Il ne distille pas des messages : « C’est chiant ! ». Mais il prend bien la température et cisèle les mots justes. Il se lie longuement d’amitié avec Johnny : « Mais on ne se voit plus depuis une dizaine d’années. » La brouille semble digérée. Frondeur, controversé – « J’ai eu droit à tous les mots en iste : fasciste, raciste, machiste. On m’aime depuis 40 ans et on me déteste depuis 40 ans » – il se fait soudain affectueux à l’évocation de ses parents, Jackie et Fernand Sardou, issus d’une lignée d’artistes de cabaret. Sur sa mère envahissante qui le harangue « Souris, Michel, souris ! », il a brossé un sketch resté célèbre. Quant à son père, il l’a souvent invité sur scène avec lui pour fredonner de vieux airs flottant encore dans Marseille. Dans la foulée, il concède : « Je n’ai pas toujours le beau rôle ». Sur ses enfants, même scanner : « Je ne me mêlais pas de leur éducation ». Romain et Davy ne lui en tiennent pas rigueur, préférant l’admiration à l’acrimonie. Pas un mot en revanche sur sa fille, le sujet qui fâche. Sardou chante là où on ne l’attend pas. Au retour du Dakar, il balance “Musulmanes”. Par hasard, alors qu’il n’y croit guère, il inscrit à son répertoire “Les Lacs du Connemara” alors qu’il n’a jamais les pieds en Irlande. Succès fou, salles pleines, le chanteur des années 70 et 80 le jure en conclusion : il ne fera pas ses adieux ; il les a bouclés en chanson, “Salut, je suis venu vous dire salut…” de sa voix d’or qui a tant fait trembler la gent féminine. “Qui êtes-vous Michel Sardou ?”, lundi 10/9, 20h35, France 3. Partager par mail : ou imprimez-le : .



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